dimanche 5 octobre 2008

Orage

Hier soir, petite sortie resto avec Manu & Christophe ; nous retrouvions Tu Chinh dans un restaurant pas piqué des hannetons (mais fréquenté par des moucherons). Pour s'y rendre, rien de plus simple : prenez un caisse à savon (un taxi quoi), faites y entrer cinq adultes, deux bébés, des sacs à langer, des porte-bébés, deux transats et quelques effets personnels, et voilà ! Ca ressemble un peu à la blague "Comment faire entrer quatre éléphants dans une 2 CV ? - Ben, deux devant, deux derrière !". Et pour le retour du resto ? Ben, pareil... Sauf que Julie s'était mise en tête de hurler à tue tête (nous pensons qu'il s'agissait d'un mouvement de mécontentement qui visait à signifier qu'elle aurait préféré continuer la soirée au karaoké du coin, en compagnie de Tu Chinh).

Cette nuit, nous avons goûté à nos premiers orages depuis que nous sommes arrivés. Y'a pas à dire, c'est assez impressionnant ; quand la foudre s'abat, c'est rarement loin de chez vous...

Les conséquences ? Ben, les rues sont rapidement inondées, ce qui n'empêche pas les jeunes gens d'aller à l'école.

En règle générale d'ailleurs, et bien que ce soit un dimanche matin, les hanoiens ne semblent guère découragés par le fait que la rue soit inondée. Parfois, on a même l'impression qu'ils prennent ça un peu comme un défi.

Bof, après tout, pas de quoi s'inquiéter finalement, attendu que les transports en commun continuent à circuler malgré plus de 20 cm de flotte.

Mais bon, pour autant, la vie continue. D'ailleurs, à l'heure où ces lignes sont écrites (en gros, une heure trente après les prises de vues, alors qu'un gros cafard vient d'entamer un périple qui le mène depuis l'accueil jusqu'à la porte d'entrée), les rues sont sèches, il y a un peu de soleil, un peu comme si ren ne s'était passé.

Autrment ? Et bien, la vie continue avec la petite Julie. En ce moment, elle force un peu sur le bib', ce qui nous a quelque peu inspirés. Alors voilà : directement inspiré de la chanson (pas si paillarde) « les chevaliers de la table ronde » (et ne dites pas que vous ne connaissez pas, on vous croirait pas !), voici une petite comptine que nous entonnons en coeur depuis hier matin (afin de célébrer le premier bib’ 180 ml de Julie !). Allez, avec nous (... trois... quatre !) :

Nourrissons du bel et grand monde
Goûtons-voir, si le bib’ est bon
Sans vitesse, oui oui oui
Avec vitesse, non non non
Goûtons-voir, si le bib’ est bon

Nourrissons du bel et grand monde
Goûtons-voir, si le bib’ est bon
Sans bavoir, oui oui oui
Avec bavoir, non non non
Goûtons-voir, si le bib’ est bon

Nourrissons du bel et grand monde
Goûtons-voir, si le bib’ est bon
Qu’il est bon, oui oui oui
Qu’il est bon, ron ron ron
Le temps passé, avec le biberon...

Commentaire post-prandial de Julie : « Burp ; Brops ! »

vendredi 3 octobre 2008

Poésie et littérature

Et oui, journée « littéraire » aujourd’hui, qui a débuté par une visite du Goethe Institut (enfin, son restaurant, ha ha on vous a presque eu... Ah, vivement les bonnes patates à notre retour...), et s’est poursuivie par le temple de la littérature (juste au bout de la rue où nous logeons).

En arrivant, Virginie a renoué avec son âme de danseuse, et s’est livrée à un petit remake style « dancing queen » avec Manu. Nous vous laissons seul(e)s juges... (mais éloignez quand même les enfants de l’écran).

La petite Julie, quant à elle, a préféré s’imprégner de la sagesse perpétuée par l’esprit des tortues et par l’esprit de Confucius (c’est décidé, on l’inscrit à la fac dès la rentrée prochaine...).


Autrement, nous sommes allés à Vietnam Airlines ce matin, suite au périple du Jean-Lou hier après-midi. Et bien, contre toute attente, son anglais de bazar a semble-t-il été suffisant pour assurer la réservation d’une nacelle. Virginie, dans son english le plus perfect, a bien demandé et redemandé confirmation, et il lui a été répondu que tout était « ok ». Dès lors, on va dire que ça se présente sous les meilleurs auspices. Qui plus est, nous avons appris que le visa est dores et déjà prêt ; il suffit maintenant de récupérer et de porter le passeport à l’ambassade lundi matin, et tout devrait être prêt pour le départ mardi soir. Enfin, si tout va bien...

Avant de vous finir ce petit billet, Julie, emplie d’un élan poétique, tenait à vous offrir ces magnifiques fleurs pour vous remercier de votre fidélité littéraire.

jeudi 2 octobre 2008

La tortue

Ici, les matinées s’enchaînent, identiques les unes aux autres. Julie nous réveille durant la nuit, puis dès potron minet (elle est d’attaque assez tôt voyez-vous...). Deux parents hagards enchaînent biberons, changes, bain, nettoiement, habillement, endormissement, le tout... calmement, au rythme des klaxons, des sirènes, des cornes de brume et autres appels au recueillement des bonzes d’à côté... C’est inouï comme cela peut vite devenir routinier !

Ensuite arrive l’heure de se mettre en route pour aller déjeuner, généralement dans un resto, généralement en compagnie de la famille du dessous (mais si, souvenez-vous, ceux qui veulent monter à trois dans un cyclo-pousse ! Ceux qui ont le privilège de n’être qu’au quatrième, sans ascenseur...). Bref, ce jour était dévolu au Green Tangerine, au lieu gastronomique « français ». Et ben c’était très bon. On aurait volontiers repris de tout deux ou trois fois, mais bon, il faut bien songer à conserver la ligne (vous nous connaissez, nous sommes intransigeants de ce point de vue...).

Petite halte afin d’acheter un joli couvre-chef pour la petite Julie (l’est-elle pas mignonne celle-là ?).

Et hop, détour par l’île de la tortue.

Il faut franchir le pont pourpre pour accéder à l’îlot de jade, sur lequel on célèbre, entre autre, le culte de Tran Hung Dao (si si, le même qui a légué son nom à la rue des ambassades), le vainqueur des mongols au XIIIème siècle.

Bref, à force d’en faire le tour, le lac Hoan Kiem (oui oui, celui de l’épée restituée...) commence à nous être familier. Comme il l’est pour les amoureux qui viennent y flâner le soir (ici, la photo est en plein jour, mais avec un peu d’imagination...).

Et puis, il y a le fan club de Julie ! Attention les foules...

Ensuite, du sérieux. Il s’agissait de trouver les locaux de Vietnam airlines afin de confirmer notre vol de retour, et de réserver une nacelle pour la petite Julie. Dit comme ça, ça à l’air simple, non ? Ouais, seulement nous, pour corser un peu l’histoire, nous sommes partis sans plan. Et sans savoir où se trouvaient les locaux de Vietnam airlines (sinon que ça se trouvait quelque part dans le district Hoan Kiem). Alors, hein ? Si c’est pas digne d’Indiana Jones ça !? Bien entendu, c’était sans compter la fatigue de la petite sous l’effet de la chaleur, ce qui obligea Virginie à rentrer précipitamment à la Guest House en taxi (course pour laquelle elle s’est d’ailleurs fait arnaquer, mais bon, passons... Ah, au chapitre « trucs et astuces », prenez soin de vous assurer du prix d’une course en taxi AVANT que le chauffeur n’ait éteint son compteur, car après, c’est la porte ouverte à tous les palabres...). Bref, ne reste plus qu’à imaginer un Jean-Lou errant dans les rues d’Hanoi, à la recherche du guichet magique. Il l’a trouvé, après trois-quart d’heure de marche zigzagante. Et ça n’est qu’après avoir retiré son ticket de boucher (vous savez, pour attendre son tour) que l’enfer a pointé du nez. Imaginez le Jean-Lou, seul, quémandant d’une petite voix à l’anglais plus qu’incertain : « I wateuh to confirmeuh... euh... euh... plane fort Parisss ». La, on aime autant vous dire que ça s’engageait mal. De l’autre côté du guichet, une réceptionniste s’est emparée de sa réservation, a tapoté des tas de choses sur son clavier, avant de lui retourner l’écran d’ordinateur dans la figure, d’un air victorieux, de l’air de celle qui est parvenue à résoudre en deux temps trois mouvements un problème pas si épineux que ça ! Faut dire que le Jean-Lou n’en menait pas large, confronté qu’il était à un écran sur lequel scintillaient des lignes de codes bizarres et pour le moins incompréhensibles. La réceptionniste, elle, ça semblait pas la gêner. Un peu comme si cet abruti d’européen était à ce point incompétent qu’il ne sache correctement décrypter « MUCIA 9999 1029 03SEP08 7. SSR ADTK 1A TO VN BY 08SEP OTHERWISE WILL BE XLD ». Le Jean-Lou a juste tiqué sur « XLD », dont il avait du mal à percevoir la nuance avec le fameux « XKB » (que chacun connaît !). Mais tout ça c’était avant qu’il ne parle du « litteul baby ». « Little baby ??? » lui a rétorqué l’autre ! « Yes, I wanteuh to raiserveuh euh... euh... nacelle ? euh bed ? for theuh traveul, ‘cause woui haveuh heu litteul baby ». S’en est suivi un échange entre plusieurs réceptionnistes à ce sujet, le tout dans un vietnamien parfait, ce qui laissait le Jean-Lou légèrement lippu devant la scène (qui, pour tout dire, commençait vraiment à prendre une mauvaise tournure). « So, name and date of birth of the little baby ? ». Alors là, facile, il connaît ça par coeur le Jean-Lou ! Là où ça l’a vraiment angoissé, c’est lorsqu’elle lui a demandé le passeport de l’enfant (enfin, du « little baby »). « Heu... Theu passport hein ?.. Well, I will geteuh theu passeporteuh on monday the sixth... ». Air embarrassé de la réceptionniste... Air incrédule du Jean-Lou. Une espèce de duel au soleil, empli de silence. Manquait plus qu’une musique genre Ennio moricone tiens. Au bout d’un moment, l’autre l’a expédié gentiment, en prenant soin de lui imprimer un petit papier (qui ressemble à une confirmation de vol, c’est déjà ça), et en lui demandant de repasser avec le passeport. « Ok, ok, see you on monday ! » lui lança-t-il gaiement, croyant en avoir fini ! C’était sans compter que le passeport devait partir pour l’ambassade de france ce lundi, histoire d’obtenir un visa pour la petite Julie... Bref, tout est à refaire. Nous y retournons vendredi matin, avec Virginie cette fois. Qui verra vivra...

Retour à la Guest House à pied, avec, en prime, une petite photo sur laquelle vous allez pouvoir exercer vos talents. Honnêtement, sans être franchement observateur, il devrait y avoir un panneau qui vous choque dans le paysage.

Allez, pour vous aider, voici une prise de vue après le panneau.

Heureusement, tout ce périple s’est soldé par un peu de jeu avec Julie. Allez, juste parce que vous êtes loin et que vous ne pouvez pas voir la gamine vous faire un sourire, voici un petit extrait :

mercredi 1 octobre 2008

C'est sans souci !

Le petit rythme de Julie se précise (les parents suivent). Julie se réveille, Julie prend son bib, Julie se recouche, Julie se lave, Julie se promène, Julie découvre et Julie... se marre.

Aujourdhui nous avons retrouvé les parents de Tom dans un resto (que tous les Destinéens connaissent) : le cyclo-bar. Pourquoi ce nom ? Il suffit d’observer dans quel type de siège nous sommes installés et la réponse coule de source.

Au dehors du restaurant, la vie des cyclistes de Hanoi se déroulait banalement. L’un d’entre eux pourtant ne savait pas que le sort l’avait désigné. Après ce déjeuner fort sympathique qui mit nos amis de joyeuse humeur; ces derniers décidèrent de poursuivre l’aventure cycliste et hélèrent un cyclo-pousse afin de faire une petite balade (genre une heure). C’est là que les choses ont pris une tournure bizarre. Manu s’installa avec Tom dans le petit habitacle. Jusque là, rien que du normal. Mais soudain voilà que Christophe, en bon père de famille responsable, décide que les siens ne voyageraient pas sans lui. Et c’est là qu’on a assisté à un spectacle étonnant.

Christophe a déployé des trésors d’inventivité pour faire entrer sa carcasse dans l’habitacle sus-mentionné ; au passage, il a inventé une danse acrobatique qui relègue au rang de ringards les accros les plus chevronnés de la danse « techtonique » et du hip-hop confondus. Mais rien n’y a fait : le cyclo a refusé de faire de la place. Tout ceci au son de craquements du frêle esquif et sous le regard éberlué du cyclo-man. Qu’à cela ne tienne, voilà Christophe qui vire le propriétaire du cyclo manu militari, puis qui...

Non, là on va trop loin. L’histoire s’est finie calmement, il a juste fallu appeler les renforts et la balade a pu commencer.

Jean-Lou a bien sûr photographié la scène, Virginie était occupée à ne pas faire pipi de rire dans sa culotte et Julie a commencé à comprendre (vu sa mine réjouie) la définition de l’adjectif « cocasse ».

Bon après ça il a bien fallu se remettre de toutes ces émotions, alors direction pour un café près du lac afin de siroter un bon jus de carotte très frais. Slurp. Allez, à demain pour de banales aventures...

mardi 30 septembre 2008

Kinh

À la recherche du biberon perdu... tel aurait pu être le titre de ce billet. La phrase recouvre des niveaux de réalité différents. Le premier concerne les rythme de tétée de la petite Julie ; un vrai casse-tête. Rien de logique, rien de rythmique, rien de prévisible ! Une fois 90 ml, une fois 120 ml, une fois 60 ml... Quand on pense que l’on peut prévoir avec exactitude la prochaine éclipse de soleil, la durée de gestation du panda rouge, l’évolution du taux d’endettement du Botswana, la moyenne mobile des copulations du lion, et pas moyen de prévoir quand un bébé va se sustenter ! Bon sang, mais que fait le gouvernement ?.. Le deuxième niveau (c’est comme l’effet kiss cool, vous voyez ?), c’est quand papa s’énerve parce qu’il ne trouve plus une partie du biberon (certes, pas la partie essentielle, mais bon). C’est toujours gênant de devoir donner un biberon dans un bureau de l’ambassade de France, en pleines formalités administratives ! Bon, maman a retrouvé l’ustensile au restaurant où nous venions de déjeuner (de prendre le goûter ?).

Nous sommes allés récupérer divers documents administratifs qui viennent d’être traduits. Ceux-ci sont nécessaires afin d’obtenir, notamment, le visa de bébé Julie. Entre-autre, nous avons appris de quel village vient Julie, et qu’elle est une kinh (mais si, cherchez bien ; allez, vous avez une chance sur cinquante-quatre). Sur ce dernier point, c'est pas franchement une découverte, mais bon...

Et comme les journées sont épuisantes, Julie finit toujours par retrouver le chemin du sommeil. Mais avant, petite séquence découverte avec un anneau de dentition (réfrigéré l’anneau !), et, joyeuse découverte, petit pipi sur le lit des parents (c’est tellement plus agréable que de se laisser aller dans sa [propre] couche...).

Allez, si tout va bien, nous aurons le passeport de Julie lundi matin, et le visa devrait pouvoir être obtenu pour mardi. Si tout va bien (bof, pourquoi cela irait-il mal, hein ?..), Julie découvrira les charmes de la campagne lorraine en automne dès la semaine prochaine...

Julie vous fait des bisous baveux à toutes et tous !

lundi 29 septembre 2008

Lundi au soleil

Aujourd'hui, les papas sont allés faire la demande de passeport pour les deux petits anges (trucs & astuces : Y aller le plus tôt possible, histoire d'éviter la foule. Pour nous, vers 8 h 15, c'était bien...).

Et puis, première sortie restaurant pour la petite Julie.

Elle a adoré toutes ces nouvelles choses, et elle s'est extrêment bien tenue. Le déjeuner en terrasse au Goethe institut (et oui, en plein hanoi...) a été excellent.

Ensuite, séance photo (pour les futurs visas). Nous avions dit à Julie de rester digne face à l'objectif, de ne pas faire la mariole, de ne pas faire de grimaces... Bref, il ne reste plus qu'à espérer que les douaniers auront le sens de l'humour...

Après, grande promenade en direction du lac Hoan Kiem pour y savourer une boisson fraiche pour les parents, et un biberon pour Julie.

Le côté pratique du moyen de transport, c'est qu'il permet de faire la sieste pendant que le chauffeur s'évertue à affronter la circulation. Un vrai bonheur.

Enfin, comme la journée a été épuisante, retour au dodo pour se refaire une santé (concernant le lit, un petit rectificatif s'impose. Nous en attribuions le don aux voisins du dessous, alors que le "fameux" lit pop-up provient de chez Marisa & Jeff. Merci à eux, ainsi qu'à Lana-linh !!!).

dimanche 28 septembre 2008

Remise officielle (2)

Après avoir laissé la petite s’exprimer, il est grand temps que les parents interviennent afin de tenter d’établir l’exacte vérité sur cette histoire de remise officielle. Les seule choses que nous voulons bien corroborer sont les suivantes :
  • La remise officielle a bien eu lieu le samedi 27 septembre au matin
  • Nous n’avons pas pleuré
Pour ce qui est du reste, voici notre version (succincte) :

Hanoi – Bac Kan, c’est grosso modo 3 h 30 de route (sans compter les escales et autres arrêts pipi). La route, c’est quelque chose ! Petites routes, nids de poules (enfin, d’autruches...), un peu de pluie, et quelques traces du passage de Hagupit (mais si, vous savez bien, le typhounet). On passe sur les normes routières (rien n’a changé depuis notre dernière sortie en mini-bus ; toujours aussi... comment dire ? Surprenant ! Avec ce je n’sais quoi de Grand-Breton dans le style de conduite qui vous donne l’illusion de vous retrouver en plein coeur de la City Londonienne, le flegme en moins...).

L’épisode de l’arrêt petit-déj – pipi restera dans les mémoires. Virginie y est allée la première, en reconnaissance, ce qui a permis au reste de la troupe de repérer la porte menant aux commodités. Jean-Lou a eu le malheur de vouloir en faire autant. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, une fois la porte franchie, il constata qu’il se trouvait au beau milieu de nulle part, dans ce qui aurait pu passer pour un jardin. Ne voyant de cahute nulle part (pas plus que de trou, ou d’arbre, ou de ruisseau, ou de toilettes proprement dites), le Jean-Lou s’en revint tout penaud (l’avait pourtant regardé partout, mais rien, nakache qui puisse de près ou de loin inviter au soulagement). Grand moment de solitude : il ouvrit la porte, et se mit à interpeller sa dulcinée dans un prose on ne peux plus explicite : « Hé, Virginie ! C’est où ? ». Heureusement que les Vietnamiens ne parlent pas français, because les frenchies, eux, y z’étaient morts de rire. La réponse ne se fit pas attendre : « Mais là !.. ». Alors, question à 100 balles : vous auriez fait quoi, vous ?

Bon, allez, accélérons un peu le récit. Le paysage était sympa ; Bac Kan est, pour l’endroit, plutôt une grande ville. Papa a essayé de filmer dans le mini-bus, mais ça bougeait tellement que le simple visionnage donne envie de... Arrivée à l’orphelinat, au bout d’un chemin de terre.
Et là, surprise : une nounou avec une petite fille dans les bras. Monsieur Bich qui annonce « c’est la petite Warin ». Dès lors, Virginie n’a quasiment plus bougée tellement elle ne voulait plus la quitter des yeux. Et alors, supplice (asiatique ?) : nous étions à quelques mètres de nos enfants (Manu, Christophe, Virginie, Jean-Lou), mais impossible de les approcher ! Nous avons donc attendu (toujours et encore ; tiens, au chapitre truc & astuces : on vous l’a dit que l’adoption est une « école de la patience » ; et bien, c’est jusqu’à la dernière minute que ça se vérifie, alors, un conseil : du calme...).

Et enfin, le feu vert : remise non-officielle de la petite Julie à sa maman, qui a bien voulu laisser le futur père s’en approcher lorsqu’il eut fini ses séquences photos – vidéos. C’est... c’est carrément irréel ! Une espèce de moment hors du temps, pour lequel on se prépare depuis longtemps, et qui pourtant désarçonnerait le catcheur le plus aguerri. Et voilà. Même si c’est pas encore « officiel », la vie à trois commence...

Puis remise officielle proprement dite, avec, vous ne vous y attendiez pas, des tas d’officiels et des tas de papiers à signer et des tas de discours à égrener.

En fait, tout se passe très vite. Trop vite. Pas le temps de faire le tour de l’orphelinat ; pas le temps de faire la causette avec les gens du coin. Bref, rapide quoi. On n’a pris le temps de souffler qu’à l’endroit où nous avons déjeuné (tôt !). Le temps de changer Julie, de se sustenter, et hop, retour sur Hanoi (on passe sur les détails liés au voyage et à la circulation, ça devient une routine maintenant...). Les enfant ont beaucoup dormi (ouf !).

Retour à la Guest House pour une visite de la pédiatre. Julie a les bronches prises, et se fait prescrire du Rhinathiol (si vous savez ce que c’est, ne le répétez pas !). Jean-Lou a écumé deux pharmacies avant de jeter l’éponge (vous auriez fait quoi, vous, face aux dénégations des « guichetiers » qui, après avoir jeté un vague coup d’oeil à votre ordonnance, vous auraient déclamé un truc incompréhensible (en Vietnamien qui plus est !), et secouant la tête l’air de dire : « va-t-en, on ne peux rien pour toi ici ! » Hein, hein, vous auriez fait quoi ?). Bon, après s’être renseigné sur l’usage du téléphone (merci Manu & Christophe), le Jean-Lou a fini par trouver le médoc. Restait à la faire ingurgiter à Julie (c’est en sirop !), mais ceci est une toute autre histoire (qui prendrait à elle seule beaucoup de temps...).

Bon. On n’étaient pas partis de l’orphelinat sans obtenir quelques renseignements d’usage sur les enfants (une espèce de manuel de survie en quelque sorte...). Le principe semblait simple : un biberon de 180 ml toutes les trois heures. Ouaip. Ca, c’est dans le « manuel » ; dans la « vraie vie », ça se passe différemment. Très différemment. Les doses sont nettement moindres. Très nettement. De là à dire que les enfants sont un peu impressionnés, voire carrément coincés, il n’y a qu’un pas (bon, après maintenant quelques 24 heures, Julie commence à boire plus de 60 ml en une prise ; on progresse...).

Et puis arrive la première soirée : Quand coucher l’enfant ? Et surtout, comment ? (sur ce dernier point, un couple prévoyant s’était muni d’un lit pop-up, dont il n’a pas l’usage, ce qui fait que la petite Julie peut en profiter ; merci tout plein Manu & Christophe).

Et puis arrive la première nuit. Si si... Et puis le premier matin... Et... Et c’est carrément génial ! Et puis arrive le premier bain... Et puis arrive la première sortie...

Julie avant harnachement final

Et les premiers sourires... Et les premiers jeux... Et les premières siestes...

Vous l'auriez vue cette nuit en pyjama vert dans le lit vert...

Et Julie apprend à compter sur ses doigts (euh, à reconnaître ses doigts ?..)...

Et puis voilà ! Et que même si on est fatigués, on en redemande ! Allez, à plus pour de nouvelles aventures...